Expressions liées à la santé ou au corps humain : d’où vient l’expression :

Une peur bleue signifiant avoir une peur intense?

Longtemps, l’origine de cette expression est restée mystérieuse.

Est-elle liée à l’ecchymose qu’on appelle couramment un bleu ? Il n’y a rien de bien effrayant à cela pourtant…. A-t-elle un lien avec la maladie bleue, grave malformation cardiaque congénitale ? Bien que dramatique, celle-ci ne touche qu’un très petit nombre de nourrissons, ce qui ne saurait expliquer le succès de l’expression. Pour suggérer une origine plus crédible, on pourrait …

…remonter aux épidémies de choléra survenues en France en 1832 et 1854, épidémies qui, en quelques mois ont entraîné la mort de plus de 100 000 personnes.

Ce sont en particulier les symptômes de cette maladie qui ont à voir avec la couleur bleue. Le choléra a pour effet des vomissements et des diarrhées très importants. Si bien qu’en une journée, les malades peuvent perdre jusqu’à 10 kg. Sans traitement, la mort survient en moins de trois jours. Or, sous l’effet de la déshydratation, qui provoque une défaillance majeure de la circulation du sang et de son oxygénation, la peau devient complètement cyanosée autrement dit bleue.

La peur du choléra était liée à la mort rapide associée à la coloration bleue envahissante. En 1832, cette maladie, dont on ne connaissait ni la cause ni le moindre traitement, inspirait un tel effroi que l’expression la peur bleue était alors employée comme synonyme de choléra. Le témoignage du médecin et sociologue Louis René Villermé est édifiant.

« Chaque parisien se sentait personnellement menacé de la diarrhée et des vomissements qui, en quelques heures, épuisait le voisin, le parent ou l’ami. Comment ne pas être hanté par ces malheureux en état de complète prostration, torturés par une soif ardente ? Une horrible angoisse se peignait sur les visages ratatinés, cyanosés, dont les yeux étaient déjà ceux d’un cadavre, mais dont la voix faible, pour ajouter encore à l’épouvante, trahissait une lucidité persistant jusqu’au moment inéluctable où le moribond passait au bleu. »

Comme Villermé, le Docteur Gachet nous a laissé un témoignage sur la couleur bleue des morts du choléra, mais cette fois sous la forme d’une peinture à l’huile exposée au musée d’Orsay. Collectionneur et ami des peintres impressionnistes, il a peint lui-même (sous le pseudonyme de Paule Van Ryssel) une « scène du choléra souvenir de l’épidémie de 1854 dans le Jura ». Ce n’est pas un chef-d’œuvre mais un tableau haut en couleurs (si l’on peut dire…)

5 Commentaires

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    • coste sur 2 juin 2019 à 18 h 00 min

    il y a t il un rapport avec morbleu?

    1. Eh non ! D’après le dictionnaire de l’Académie française, Morbleu est la déformation de mort de Dieu, où bleu est utilisé par substitut pour éviter le blasphème.

    • DUBOIS sur 2 juin 2019 à 23 h 33 min

    Lu

    • cathy sur 5 juin 2019 à 11 h 27 min

    et » » quand tu es beurré tu es noir » »( voir origine etre beurre au moyen age)

    • LOURENÇO sur 10 juin 2019 à 22 h 49 min

    intéressant

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