La pyromanie est elle le propre de l’être humain?

1960, Australie. Intrigué, l’aborigène Waipuldanya observe les allées et venues d’un petit groupe de rapaces.

L’un d’eux vient de provoquer un départ de feu en lâchant une brindille enflammée dans une parcelle d’herbes sèches… L’animal s’est ensuite installé quelques mètres plus loin, et observe patiemment l’incendie se propager.

Un oiseau pyromane ? L’homme aurait-il rêvé ? Pas du tout ! Le phénomène est bien connu des locaux, plusieurs d’entre eux ont déjà assisté à l’œuvre de ces incendiaires des airs.

En fait, les oiseaux en question appartiennent à trois espèces de rapaces : le milan noir, le milan siffleur et le faucon brun.

Vous n'arrivez pas à voir les images ? Contactez-nous sur jean@artips.fr

De gauche à droite : Le milan noir, le milan siffleur et le faucon brun

Leur procédé est bien rodé. Ils volent à proximité des feux de brousse, et ramassent des herbes ou des brindilles enflammées.
Ils transportent ensuite ces dernières au lieu de leur choix, de quelques mètres à plusieurs centaines de mètres, franchissant parfois des rivières, des routes ou des cols. Puis ils lâchent leurs torches improvisées, déclenchant ainsi un nouveau départ de feu.

Mais à quoi cela peut-il bien leur servir ? À se nourrir, pardi ! Eh oui, en créant un nouveau foyer d’incendie, les rapaces parviennent à faire fuir toute la population d’insectes, de rongeurs, de reptiles qui s’abritent dans la brousse.

Ils n’ont alors plus qu’à attendre que tout ce petit monde détale pour se servir. Un vrai festin ! Malin, non ? Un peu effrayant aussi…

L’étude de ce comportement intéresse particulièrement les scientifiques. Il permet, en effet, de mieux comprendre le fonctionnement et l’équilibre de la brousse australienne. Mais aussi de mieux lutter contre la dispersion des feux de brousse, qu’ils soient volontaires (pour stimuler la croissance des cultures, par exemple) ou involontaires.

En attendant, une question reste sans réponse : les oiseaux ont-ils appris leur maîtrise du feu de l’homme, ou bien est-ce l’inverse ? Si l’on en croit les mythes aborigènes, ce serait les rapaces qui auraient offert le feu aux hommes…

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Le mythe du faucon de feu fait partie de la mythologie aborigène (vidéo)
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Malheureusement, l’Australie est aujourd’hui la proie des flammes à un degré critique. Des milliers de kilomètres de forêts ravagés par les incendies, des millions d’animaux tués et des milliers d’habitants évacués… Et le bilan ne fait que s’aggraver.

 
 
 
 

Pour en savoir plus :

Sur ces rapaces pyromanes

Sur le bush australien

Sur l’histoire de l’origine du feu chez les aborigènes australiens (en anglais)

12 Commentaires

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    • jl baleynaud sur 9 janvier 2020 à 12 h 46 min

    flamboyante histoire!

    • Jacques Rivoallan sur 9 janvier 2020 à 16 h 27 min

    Intéressant

    • coste andre sur 9 janvier 2020 à 17 h 30 min

    Surprenant.Ils ne se brulent pas les ailes?Ça me rappelle une mauvaise farce de gamin qui consistait à attraper un taon à lui introduire délicatement une paille dans le cul à y mettre le feu et à le lâcher quitte à lui de mettre le feu à la colline.

    • Daniel LOURENÇO sur 9 janvier 2020 à 22 h 33 min

    ils ne se brulent pas le bec avec la braise ?
    j’aimerai voir ça en image

    1. Ben voyons! Et une petite gâterie en plus? Voila déjà les images en cliquant sur le lien, pour la gâterie …
      https://ici.radio-canada.ca/premiere/emissions/les-annees-lumiere/segments/entrevue/54637/feu-australie-oiseaux-propagation-

    • GILLAUX sur 10 janvier 2020 à 8 h 53 min

    Lu et apprécié

    • Albert sur 10 janvier 2020 à 9 h 42 min

    Étonnant

    • cathy sur 10 janvier 2020 à 10 h 10 min

    si les oiseaux s y mettent eux aussi a détruire la planete, on est pas dans la m…..

    • michel besnier sur 10 janvier 2020 à 16 h 00 min

    MERCI
    SUPER INTERESSANT
    BONNE ET HEUREUSE ANNEE A TOUS

    • houis sur 10 janvier 2020 à 19 h 13 min

    comme dit Cathy si les oiseaux s’en mèlent

    • Genevieve Geschickt sur 11 janvier 2020 à 20 h 11 min

    Étonnants jeux d’enfant d’André Coste ..quelle imagination ..😊

    • dominique herbecq sur 11 janvier 2020 à 20 h 24 min

    Impressionnant

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