Les pages et cépages du Président

voila la suite œnologique généraliste des vins de Loire
par la suite je parlerai de mes domaines de prédilection sur les terroirs ligériens
probablement le saumurois en premier

Les cépages de la Loire
Après les quatre grandes appellations ligériennes, place à la découverte des cépages. Je vous parlerais principalement des cépages dominants et spécifiques de Loire, qui par leurs spécificités expriment l’âme de cette région.

Les cépages blancs : sont dominés par le chenin, le sauvignon et le melon de Bourgogne.
Le chenin : cépage ligérien par excellence, se trouvant quasi-exclusivement en Loire (quelques parcelles à Limoux et certains coteaux de Languedoc). Ce cépage tardif s’adapte à merveille sur les terroirs d’Anjou et de Touraine. Sur des vins secs il développe des aromes de pomme verte, fruits blancs, d’angélique voire une touche mielleuse ; en bouche, il délivre une belle tension minérale avec une acidité atténuée par les fermentations malo-lactiques. Ce sont de beaux vins de gastronomie avec pour certains de beaux potentiels de gardes sur Savennières – Roches aux Moines – Saumur.
En récolte tardive, ils donnent de très grands liquoreux lorsque le botrytis se développe. Ce sont des vins de très grande garde dont l’expression liquoreuse n’a pas la lourdeur de certains Sauternes, par la tension d’acidité propre au cépage. Les grandes appellations sont : Coteaux du layon, Quart de Chaume et Bonnezeaux en Anjou et Vouvray en Touraine
Le Sauvignon : sorte de star mondiale par les vins de Nouvelle Zélande, il donne sa plus belle expression à Sancerre et Pouilly fumé. Il exprime son extrême finesse sur les silex de Pouilly et les terroirs marno-calcaires de Sancerre. Ces belles expressions ne sont que l’apanage des bons viticulteurs car hélas, on trouve nombre de Sancerre qui ont colonisé les bistrots parisiens sans aucune âme. Bien élevés, ils sont d’une merveilleuse finesse avec une trame minérale bien persistante sur des aromes groseilles pomme verte et agrumes.
Le melon de Bourgogne : il est le cépage unique du muscadet. Originaire de Bourgogne (c’est un cousin ampélographique du chardonay) il fut introduit par des moines dans la région au 17ème siècle. C’est un cépage généreux au rendement régulier. Il s’était taillé une réputation médiocre par son acidité et son manque de saveur ; heureusement des générations récentes de producteurs ont amélioré sa vinification par des élevages sur lies, bâtonnage et fermentations en barriques ainsi qu’une baisse de rendement.

Les cépages rouges : le cabernet franc en est l’emblème, puis suivent grolleau, pineau d’Aunis et gamay.
Le cabernet franc : il est aux vins rouges ce que le chenin est aux blancs. Il est vinifié en monocépages dans les belles appellations de Loire. IL est l’ancêtre des cabernets et peut-être devenu parent pauvre de la famille. C’est une injustice car on peut se régaler de son expression ligérienne et l’on y trouve parmi les plus grands vins de l’hexagone avec un rapport qualité-prix remarquable. Régalez vous des vins de chinon bourgueil et surtout Saumur-Champigny (j’y reviendrais dans un prochain article) Ces rouges sont de ce fait de belles aubaines sur de nombreuses cartes de vins en restauration. Sa particularité olfactive est certainement ses notes poivronées et gustativement il présente une belle trame tannique sans excès d’astringence.
Le grolleau : cépage rouge le plus planté (mais en recul), bien qu’il ne permette pas d’élaborer de grands vins de garde. Il rentre souvent dans des assemblages et dans la production de rosés
Le pineau d’Aunis : appelé aussi chenin noir, est planté spécifiquement en Loire pour ses rendement ; il est aussi en perte de vitesse par rapport aux autres cépages. Seuls de rares domaines pointus lui donnent une belle expression dont le domaine de Bellivière en Coteaux du Loir l’ayant en cépage rouge exclusif.
Le gamay : cépage rouge du Beaujolais, il est répandu en Touraine et Anjou où il est le plus souvent vinifié seul. Nous le retrouverons en assemblage au domaine de Montcy sur Cheverny. Il donne comme en Beaujolais de s rouges de légèreté et d’aromes.
Autres cépages rouges : le cabernet sauvignon, star bordelaise se retrouve surtout en assemblage avec du cabernet franc (pour l’anecdote : il est un croisement accidentel entre cabernet franc et sauvignon). Le pinot noir se retrouve principalement à Sancerre, lui donnant des expressions bourguignonnes. Le côt (malbec), cépage dominant à Cahors, se retrouve surtout en Touraine où il tend à remplacer le grolleau.

8 Commentaires

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  1. Le pineau d’Aunis…ou comment tendre la perche (si l’on peut dire)

    • Jacques Rivoallan sur 14 janvier 2019 à 13 h 03 min

    C’est le cousin du pineau c… madame Bertrand ?

    • Hervochon sur 14 janvier 2019 à 13 h 41 min

    Ce pas le pineau d’aunis Mais le Pineau des Charentes :
    Selon la légende, le pineau des Charentes est le fruit du hasard et a été découvert par un vigneron charentais en 1589. L’homme versa par erreur une quantité de moût de raisin dans une barrique qui contenait une certaine quantité d’eau de vie de cognac. Lorsque la barrique fut ouverte quelques années plus tard, le pineau des Charentes était né. Ce n’est qu’en 1921 que le pineau des Charentes fut commercialisé par un viticulteur de Burie (Charente-Maritime

    1. Dommage cette belle histoire fait tomber à l’eau un fantasme, je pensais qu’il était question de p**e et d’anus

    • farnos sur 14 janvier 2019 à 13 h 53 min

    Le président à tiré le grolleau de ma mémoire ..moi sans être accablé d’ivresse comme Bacchus j’ai trouvé ce texte beau …..nous allons arriver déshydratés à Blois….à force de lire toutes ces pages dans lesquelles hommage est rendu aux cépages

    • friedmann sur 14 janvier 2019 à 20 h 01 min

    Jean Marie est un grand poète qui s ignore et Jean-Michel chauvin de sa Charente.
    Pour Serge: j’ai délicatement évoqué comme cépage : la p.ne .u noir

    • thierry dumousseau sur 20 janvier 2019 à 16 h 25 min

    Thierry DUMOUSSEAU.

    N’oublions pas « la folle blanche » Cépage du Gros plant.
    Ni « La grosse Sainte Marie »( qui est ravi au lit) Autre dénomination du « petit melon »ou melon de Bourgogne.
    Poétique ?

    • friedmann sur 20 janvier 2019 à 19 h 01 min

    Tout à fait Thierry
    Cette folle blanche nous l avons surtout dégusté dans le Gers où il domine

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