Malpighi? … Oui, bien sûr ça vous dit quelque chose.. mais au fait que savez vous de ses travaux?

Marcello Malpighi (1628 – 1694)

Malpighi est un médecin naturaliste italien, considéré comme le père de l’anatomie microscopique ou histologie. Son nom, toujours vivant, reste attaché aux nombreuses structures dont il a donné les premières descriptions. A ce titre, il est rangé parmi ceux qui sont aux origines de la science moderne, il est également le précurseur de la structure des articles médicaux et de la publication des éléments permettant de les analyser.

En 1645, à l’âge de 17 ans, il commence des études de philosophie puis il s’oriente vers la médecine. C’est à Pise qu’il rencontre Giovanni Alfonso Borelli, mathématicien philosophe, qui lui fait connaitre la microscopie. Il est  difficile de savoir qui est vraiment l’inventeur de cet outil devenu indispensable à la médecine : Zacharias Janssen, Galilée, Christiaan Huyghens, Robert Hooke, ou encore Antony van Leeuwenhoek.

Histologie

En 1657, il montre que le cœur du bœuf est formé de deux sortes de fibres, en spirale et rectilignes, qu’il s’agit d’un organe musculaire et non glandulaire sécréteur. Il se démarque ici de la médecine antique et médiévale qui faisait du cœur une source de vie, l’organe producteur d’un pneuma (souffle, esprit ou principe) de chaleur vitale.

En 1659, il donne une première description de la structure de la rate (corpuscules de Malpighi de la rate, il aperçoit des globules rouges dans les capillaires) et de ce qu’il appelle « glandes lymphatiques » (follicules lymphoïdes de la rate).

Les travaux de Harvey démontrant la circulation du sang, s’ils étaient révolutionnaires, restaient incomplets. Harvey n’avait pu trouver comment le sang passait des artères aux veines. En utilisant le microscope et en axant ses recherches sur le poumon, Malpighi complète la théorie de William Harvey sur la circulation sanguine, en décrivant les capillaires en 1661, dans son ouvrage Observations anatomiques du poumon, un des livres fondateurs de la médecine moderne.

Il décrit de nombreuses structures variées et le nom de Malpighi reste attaché à des dizaines de structures du corps humain. Citons la couche de Malpighi ainsi qu’une variété d’épithélium, dit malpighien. Dans la langue, il découvre les papilles et leurs fonctions gustatives; dans la peau, les glandes sébacées et sudoripares. Pour lui toutes les glandes sont des machines agissant en premier lieu comme des filtres, fournissant les produits issus du sang et destinés à être excrétés. Pour désigner leur structure en grappe, il crée le terme d’acini (acinus).

Il montre l’architecture interne du rein, en considérant la formation de l’urine comme un processus élaboré de « séparation », et non pas comme une simple filtration. Le glomérule rénal porte aussi le nom de corpuscule de Malpighi, Il note la structure lobaire du foie où il situe la formation de bile, et non pas dans la vésicule biliaire comme on le pensait.

D’autres éponymes sont : le canal de Malpighi-Gärtner (vestige du canal de Wolf, susceptible de former un kyste dit de Malpighi-Gärtner), la capsule de Malpighi (portion de la capsule fibreuse de la rate), les pyramides de Malpighi (structures coniques de la zone médullaire du rein).

Il étudie également les insectes, ainsi les tubes de Malpighi sont, chez les insectes un des organes constituant leur appareil excréteur. Ils sont un peu l’équivalent des reins chez les Vertébrés.

Il abordera également l’entomologie et l’embryologie. Il est l’auteur de la théorie de la préformation, selon laquelle tout l’être vivant est contenu dans l’ovule.

Botanique

Marcello Malpighi fut aussi un grand botaniste. Il fait paraître en 1671 un travail intitulé Anatome plantarum sur l’anatomie cellulaire des végétaux et fut l’un des fondateurs de l’anatomie végétale.

Méthode expérimentale

L’œuvre de Malpighi est liée à la rencontre d’un instrument, le microscope, et d’une méthode. Cette méthode, il la définit lui-même comme une méthode : il ne s’agit plus de savoir pourquoi, mais comment les phénomènes se produisent.

Les premiers microscopes du temps de Malpighi sont, au début du xviie siècle, une lentille unique montée dans un tube en carton ou entre deux lames. Les améliorations successives durant ce siècle aboutissent à des instruments avec un grossissement de l’ordre de 200.

Le microscope joue un très grand rôle, mais presque plus comme idée que comme instrument réel. Les microscopistes s’efforcent de rendre visible ce qu’ils pensent déjà savoir, c’est-à-dire ce qu’ils posent comme hypothèse: En plus de ses découvertes, Malpighi imaginera le schéma type des articles scientifiques tel qu’utilisé aujourd’hui. Il décrira notamment ses méthodes expérimentales afin que les autres médecins puissent vérifier et confirmer (ou infirmer) ses découvertes. Cette possibilité de critique est l’un des piliers de la science moderne.

2 Commentaires

    • houis sur 18 janvier 2019 à 12 h 36 min

    lu

    • Jacques Rivoallan sur 18 janvier 2019 à 13 h 05 min

    Il m’a un peu cassé les c… pendant mes études d’anat et d’histo, mais c’ est un personnage intéressant

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