Nous savons tous qu’il est difficile d’être irréprochable en orthographe, mais pensez vous l’être en syntaxe au quotidien?

Ces fautes de français qui piquent les yeux

«Pendant» ou «durant»? «Je suis sur Marseille» ou «je suis à Marseille»? Le Figaro vous propose, grâce à l’ouvrage d’Alfred Gilder, Les 300 plus belles fautes à ne pas faire, de réviser ces règles.

Par Le Figaro Publié le 21/10/2019 à 07:30, mis à jour le 21/10/2019 à 09:51

Les mots sont un peu comme des outils. Si l’on emploie un marteau pour tourner une vis, cela ne marchera pas. De la même façon, quand on utilise le subjonctif derrière la forme «après que», cela ne convient pas. Il y a chez le locuteur une même rigueur à avoir que chez le bricoleur.

Pas question cependant de se flageller lorsqu’on commet une faute! Tout le monde en fait. Comme le note Alfred Gilder dans son ouvrage Les 300 plus belles fautes… à ne pas faire et autres extravagances à éviter (Points), il ne s’agit pas d’être puriste ou laxiste, mais exact. «À force de ne plus s’entendre sur ce que les paroles signifient, on finit par n’être entendu de personne.» Un exemple: lorsque quelqu’un lance «tu as l’air chafouin», en pensant dire «tu as l’air grognon», il dit en réalité: «tu as l’air sournois». De quoi créer un sacré quiproquo…

Oui, la langue française a ses limites. Si elle s’enrichit chaque année, elle n’en garde pas moins des frontières. Ce que l’on peut renommer conjugaison, vocabulaire et grammaire. Dans son livre, Alfred Gilder fait donc la chasse aux barbarismes. La locution «à très vite», par exemple, est incongrue. «La préposition ‘‘à’’ appelle ici un complément circonstanciel de temps comme dans ‘‘à plus tard’’ ou ‘‘à demain’’. De surcroît, elle est aussi absurde que ‘‘à très lentement’’». Mais ce n’est pas tout. Il rappelle combien les pléonasmes ont la dent dure («petit détail», «commencer d’abord»«bip sonore»…) et à quel point les anglicismes ne sont pas aussi pertinents qu’on le croit.

Il faut obligatoirement

Dans l’énervement et la précipitation, il arrive que nous commettions des fautes de français. La formule «il faut obligatoirement» en est un exemple, comme la locution «vous devez impérativement». En effet, ainsi que le note Alfred Gilder, il s’agit là de pléonasmes. «Redondants, ils n’apportent rien au verbe». Alors que faire?

Être bref. On ne reprochera pas une langue incisive et précise. Alors, conseille l’auteur, osons simplement dire «il faut! Vous devez!, C’est obligatoire, c’est impératif!». Et s’il manque tout de même un peu d’insistance? «Dites: Il faut coûte que coûte.

Pendant ou durant

«Pendant ou pendant que exprime la simultanéité de deux actions», note Alfred Gilder. Exemple: «Nous avons essuyé une grosse tempête pendant notre traversée.» Inversement, le terme «durant» doit s’employer «tout au long d’une action donnée, d’une période considérée». L’auteur donne l’exemple suivant: «Durant l’Occupation, on instaura des cartes de rationnement.»

Le Petit Larousse confirme. Cependant, l’Académie française n’est pas aussi péremptoire. Dans la XIXe édition de son Dictionnaire, on peut ainsi lire que le mot «durant» peut prendre le sens de «tout au long de». Alors? Le locuteur se fera juge des prescriptions des sages.

Je vous appelle depuis

Concernant ce cas-ci, l’erreur est flagrante. «La préposition ‘‘depuis’’ indique l’origine dans le temps: depuis l’Antiquité, tandis que ‘‘de’’ signale l’origine dans l’espace». Le doute n’est donc pas permis selon Alfred Gilder. Pour être correct, il faudra ainsi préférer la formule: «Je vous appelle de Paris, de chez moi, etc.»

Cette erreur peut se lire en parallèle d’une autre formule désormais employée à toutes les sauces: «Je suis sur Marseille»«je travaille sur Dijon»… En effet, la préposition sous-entend «une idée de position, de supériorité, de domination», explique l’Académie française. «Elle ne doit en aucun cas être employée à la place de “à“ ou “de“ en pour introduire un complément de lieu désignant une région, une ville et, plus généralement, le lieu où l’on se rend, où l’on se trouve.»

Toutefois, notent toujours les sages, cette construction peut «éventuellement se justifier avec un verbe de mouvement, du fait de sa connotation dynamique». Exemple: «Je déménage sur Toulouse, Strasbourg, etc.» Cette dernière formule rappelant la phrase «je marche sur Rome», qui induit le projet d’investir ou du moins, de conquérir la ville.

Et les fautes d’inattention?

L’erreur est fréquente. Et il faut la pardonner car elle est aisée. Cela étant, on se rappellera que le mot «faute» peut avoir le sens de «manque». Dès lors, «l’expression récurrente ‘‘faute d’inattention’’ veut dire… que l’on fait preuve d’attention», explique Alfred Gilder. Aussi, au risque de se contredire soi-même, on optera pour les formules: «par manque d’attention»«par mégarde»«par inattention».

8 Commentaires

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    • houis sur 21 octobre 2019 à 13 h 44 min

    qu’il est bon d’apprendre à tout age
    merci serge

    • Bertrand sur 21 octobre 2019 à 13 h 51 min

    Excellent rappel d’évidences!

    • cathy sur 21 octobre 2019 à 14 h 20 min

    bon apres tout cela, va t on encore avoir le courage de mettre des commentaires !!! hi !! hi !!!mais ce que je deplore c est que mes petits enfants n ont aucune idee de toutes ces regles de grammaire et d orthographe !! vive le sms !!!

    • ALBERT sur 21 octobre 2019 à 14 h 35 min

    ancien élève des Jésuites, je souscris à une certaine rigueur .

    • jocelyne Gillaux sur 21 octobre 2019 à 14 h 39 min

    Merci Serge pour ces précisions.

    • Jacques Rivoallan sur 21 octobre 2019 à 15 h 15 min

    c koi ce text stp, faut kon ecriv bien?

    • Danièle Raufast sur 22 octobre 2019 à 22 h 29 min

    Ah ! J’adore !
    Bientôt « le cours Voltaire », un rêve à réaliser !
    Difficile la langue française, mais tellement riche !

    • coste leenhardt sur 28 octobre 2019 à 11 h 26 min

    super Serge .Merci

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