Saignements, commotions… Comment les joueurs de la Coupe du monde du rugby sont pris en charge par les médecins

En marge de cet article, une devinette : L’un d’entre nous a eu la charge de faire partie d’une équipe médicale de ce type assurant la sécurité des joueurs de rugby à l’occasion d’un match international, si sans tricher, vous devinez qui il ou elle est , vous aurez droit à une mention spéciale du jury car dans ce contexte de « gaillards » ce n’est pas franchement intuitif… vous pouvez participer en indiquant votre proposition dans les commentaires

“Pour être médecin du XV de France, il faut être à la fois, médecin du sport, urgentiste de terrain, traumatologue…

Bref, avoir toutes les compétences !”  Voici comment Jean-Philippe Hager résume aujourd’hui le poste de médecin du XV de France. Ancien médecin de l’équipe de France de Rugby entre 2007 et 2011, il est actuellement médecin du Lyon olympique universitaire (LOU) et responsable scientifique auprès de la Fédération Française de Rugby.

Si la médecine du sport au contact des sportifs de haut niveau est exigeante, le statut de médecin de l’équipe de France l’est encore plus. “Une sorte de couteau suisse ultra-organisé”, sourit le professionnel. Pour pouvoir soigner les joueurs blessés pendant les matchs, une formation est obligatoire, assortie d’une certification passée tous les deux ans et validée par World Rugby, l’organisation internationale qui coiffe les fédérations de rugby à XV et de rugby à 7.

Organiser un hôpital dans les stades à chaque match

Pour permettre une bonne prise en charge à chaque match, l’organisation dans les stades est très réglementée. Avant chaque rencontre, le médecin en titre de l’équipe de France rencontre son homologue de l’équipe adverse. Des spécialistes, dont la présence au bord du terrain est obligatoire, assistent également à ce rendez-vous. Ils sont généralement de la nationalité du pays qui organise la Coupe du monde. Un orthopédiste, un urgentiste, un chirurgien maxillo-facial et un neurologue – japonais cette année – travaillent donc aux côtés des deux médecins officiels. Ils sont généralement accompagnés de traducteurs pour faciliter les échanges.

En plus de cette équipe de médecins, un médecin neutre et un médecin chargé du “protocole commotion” sont nommés à chaque rencontre. “Nous organisons cette rencontre environ une heure avant le début du coup d’envoi. C’est court, surtout avec le stress”, raconte Jean-Philippe Hager. C’est aussi à ce moment que les médecins d’équipe livrent leurs consignes. “Nous sommes responsables de nos joueurs… Et donc toujours décisionnaires en amont. Si par exemple un joueur doit être brancardé, je souhaitais toujours m’occuper de la tête et de la problématique cervicale. C’est ce que j’expliquais pendant le rendez-vous.”

Jean-Philippe Hager insiste également sur le lieu : “la charge de la nation qui reçoit, c’est de mettre tout à disposition pour soigner”. Avant chaque rencontre, tous les médecins doivent donc prendre connaissance du stade, des installations et en maîtriser tous les recoins.

Quand un joueur se blesse, il peut sortir sur décision du médecin de l’équipe, de l’arbitre ou du médecin neutre s’il a le moindre doute. “Chaque prise en charge est chronométrée”, explique le médecin. Un joueur ouvert qui saigne doit, par exemple, être “réparé” en 15 minutes. “C’est donc 15 minutes pour faire sortir le joueur, stopper les saignements et suturer.”

Idem pour les protocoles commotion. Le joueur peut sortir sur différents motifs. “Soit parce que c’est évident avec une perte de connaissance, soit par décision de la surveillance vidéo”, détaille Jean-Philippe Hager. “A partir de sa sortie, on dispose de 10 minutes”, explique-t-il.

Dix minutes pendant lesquelles le joueur effectue un test (HIA 1) sous contrôle du médecin du protocole commotion. “Ces tests leur sont soumis au début de la saison. Nous devons avoir sur nous toutes les premières versions de tous les joueurs. Ainsi, nous savons ce qu’ils ont l’habitude de répondre et si la réponse est différente, nous devons le signaler.”

Avant de rentrer à nouveau sur le terrain, les joueurs blessés doivent être contrôlés par le médecin neutre, qui valide – ou non – leurs réintégrations. Dans le cadre d’une commotion cérébrale, les joueurs doivent passer un nouveau test deux heures après le match (HIA 2) et 48 heures après (HIA 3), conduit par un neurologue cette fois.

“L’intervention qui m’a le plus marqué en tant que médecin du XV, c’est une commotion sur Jean-Baptiste Elissalde”, se souvient Jean-Philippe Hager. En 2008, face aux Îles Pacifique à Sochaux, le demi de mêlée français tombe après un crochet du fidjien Napolioni Nalaga et reste complètement KO au sol.

Ces dernières années, le risque lié aux commotions cérébrales dans le rugby a été largement médiatisé. Cette attention a participé à réduire fortement le nombre d’accidents : selon les chiffres de la Ligue nationale de rugby (LNR), 69 commotions ont été déclarées pendant la saison 2018-2019 de Top 14 en France, contre 91 lors du championnat précédent. Les arbitres n’hésitent d’ailleurs plus à sanctionner d’un carton rouge en cas de geste ou de contact illicite.

Même si la commotion reste régulière sur les terrains, les principales interventions des médecins officiels du XV de France, au quotidien et lors des matchs, portent principalement sur des lésions musculaires, des entorses ligamentaires et des traumatismes de l’épaule du fait des contacts.

“Il faut tout de même saluer l’importante augmentation des moyens ces dernières années”, précise le médecin. “Il y a beaucoup de monde autour de nous, on se sent sécurisés. Aujourd’hui, la prise en charge sur le terrain est comparable aux meilleures équipes du Samu”, conclut-il.

Par Marion Jort le 21-09-2019 in Egora.fr

19 Commentaires

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    • Daniel LOURENÇO sur 24 septembre 2019 à 19 h 33 min

    Très intéressant, je connais la réponse pour celui d’entre-nous qui a assuré une équipe médicale sur le bord de touche d’un match international
    je te adresse la réponse par SMS

    • jean-marie farnos sur 24 septembre 2019 à 22 h 38 min

    Donc c’est un homme

    1. « L’un d’entre nous » c’est parce que dans notre groupe il y a des hommes et des femmes et qu’en grammaire le masculin l’emporte. Donc c’est indéterminé

    • jean-marie farnos sur 24 septembre 2019 à 22 h 40 min

    Tous les matchs de l’équipe de France sont couverts par une société D’ assurance: GM….Sponsor de l’équipe de France avec une équipe médicale…..

    1. OK je pense que tu es sur la bonne voie. Laisse le mystère planer pour les autres

    • Jean Marie farnos sur 24 septembre 2019 à 22 h 49 min

    Mon webmaster préféré va être traité de sec…. par sa remarque

    • Jean-Claude BELTRANDO sur 25 septembre 2019 à 7 h 31 min

    Je pense savoir qui c’est par analyse, réflexion et déduction ! car je n’en voit qu’un pour être élu dans ce milieu ! Mais je ne dis rien !!!

    • Friedmann sur 25 septembre 2019 à 7 h 56 min

    Je me lance : Arnold….

    • COSTE LEENHARDT Corinne sur 25 septembre 2019 à 9 h 15 min

    Bon ce n’est pas moi bien qu aux urgences de Perpignan j’ai réduis des luxations de l’épaule de ces messieurs rugbymen…mais c’était à une autre époque….
    On aura la réponse à Blois?
    Arnold me paraît bien aussi dans ce rôle…

    1. Réponse à Blois, promis

    • thierry dumousseau sur 25 septembre 2019 à 11 h 58 min

    Au risque de vous faire sourire, sachant que le Nord est une terre de rugby! je vais vous donner une réponse à laquelle vous ne vous attendiez pas. En effet lors de la coupe du monde 2007 à Lens au stade Félix Bollaert, j’étais sur le terrain pour prendre en charge la partie maxillo-faciale, pour les matchs prestigieux:
    – Géorgie-Namibie
    – Afrique du Sud-Tonga
    Depuis je parle couramment le tongien ce qui est très utile pour communiquer avec la caisse de SS!
    Thierry Dumousseau

    1. Excellente réponse…
      Y en t-il un (e) ou plusieurs autres?

    • Dominique Herbecq sur 25 septembre 2019 à 12 h 47 min

    Moi j.en connais un qui a une loge a l’année depuis des années au stade mayol àToulon …mais peut-être maintenant qu.il n’est plus député il a plus de temps pour autre chose ?

    1. Ce n’est pas lui, mais tu es dans le vrai pour l’abonnement à l’année

    • Jean-Claude BELTRANDO sur 25 septembre 2019 à 14 h 06 min

    Moi aussi, je pensais à un médecin politicien, chirurgien maxillo-facial bien connu du sud de la France et amateur de rugby, c’est l’idéal non ?

    • cathy sur 26 septembre 2019 à 8 h 44 min

    ce n est certainement pas moi , les rugbymen n ont jamais eu de foufounes que je sache !!!!!

    • Yveline sur 26 septembre 2019 à 9 h 47 min

    Alors là Cathy , en est on sûr , dans cette époque troublée et dans ce monde opaque ?

    • Albert sur 21 octobre 2019 à 20 h 54 min

    Ma fille et ma petite fille pratiquent le rugby en compétition !

    • Albert sur 21 octobre 2019 à 20 h 55 min

    Ma fille et ma petite fille pratiquent le rugby en compétition !Ce n’est pas un doublon

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