Dépistage gynécologique: après avoir évoqué le col, parlons des seins

Cette année est l’année de la remise en cause des certitudes et des acquis concernant le dépistage en gynécologie. Après le col et le DOCCU qui ont été évoqués ici et qui renvoient le frottis sur le banc des remplaçants, en faisant le choix de nouveaux titulaires jusque là relégués, voici que MyPebs ramènerait l’âge de la première mammographie à 40 ans, attitude bannie jusqu’à présent par les accros de la statistique!

Le programme MyPebs (clic ici) se met actuellement en place au niveau Européen et cherche des Médecins Investigateurs et des Patientes Investiguées à inclure. MyPebs c’est l’acronyme de My Personal Breast Screening

Le dépistage actuel consiste en une mammographie tous les 2 ans entre 50 à 74 ans

et s’applique à toutes les femmes sans antécédents de cancer et quels que soient les résultats des examens précédents. Or il apparaît à évidence :

  • Qu’il y a des cancers avant 50 ans (1 sur 5) chez des femmes dont l’espérance de vie est longue
  • Et que certains types de seins dépistés ACR2 sont moins « normaux » que les autres  (un peu comme on peut laver plus blanc que blanc)

Dorénavant, les patientes seront explorées à partir de 40 ans et catégorisées en 4 niveaux de risque individuel

Chacun de ses 4 niveaux bénéficiera d’une prise en charge adaptée

  1. En cas de FAIBLE risque : une mammo est refaite tous les 4 ans jusqu’à 70 ans : 40,44,48,52 etc ..
  2. En cas de risque MOYEN : Mammo tous les 2 ans (+/- écho si denses) 40,42,46,48,59 … 70
  3. En cas de risque ÉLEVÉ : Mammo annuelle (+/- écho) 40,41,42 …
  4. En cas de risque TRÈS ÉLEVÉ : Mammo annuelle + IRM jusqu’à 60 ans

MAIS

  • Nous sommes encore au stade de l’étude
  • C’est totalement centralisé et difficile d’accès
  • Et pour les investigateurs, c’est très mal payé.

Remarques:

-on peut considérer que ceux qui s’attiraient les foudres des « EBMpsychorigides » et qui demand(ai)ent une première mammo à 40 ans pour faire le point et qui adaptent ensuite leur surveillance à ses  résultats n’étaient peut être pas totalement dans le déni de bon sens ?

-N’apparaît il pas aussi injustifié de refuser une première mammo sans aucune raison avant 50 ans pour faire le point, que d’en réaliser une systématiquement à tout le  monde tous les 2 ans dès 40 ans….

-A aucun endroit les « Mastodynies » ne font partie des facteurs de risque.

-La classification ACR perdra de son utilité concernant les conduites à tenir

  • article élaboré à partir d’un post du Dr JC Hild

10 Commentaires

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    • JEAN LOUIS DUBOIS sur 11 février 2020 à 11 h 25 min

    Lu

    • cathy sur 11 février 2020 à 11 h 33 min

    lu et j ai toujours fait pratiquer une mammographie à 40 ans malgré le désaccord de pas mal de radiologues et médecins puis a 45 ans et puis tous les 2 ans a partir de 50 ans ;et j adaptais mes prescriptions en fonctions des antécedents familiaux , personnels( mastodynies , seins denses ; mastopathies fibrokystiques ect….)

    • jocelyne Gillaux sur 11 février 2020 à 12 h 17 min

    Je me dévoile ceci est Personnel: mammo+ echo en juin 2003: RAS .Anecdote: Gégé radiologue ami de Yves Gillaux part à la retraite le 01.01.2004, je blague en lui disant ce sera la dernière fois que tu me vois les seins!! fais moi une mammo avant de partir et là….mammo + echo len décembre 2003, diagnostic : K du sein (0,9mm) .ablation tumeur, ganglions +radiothérapie+hormonothérapie. surveillance annuelle, tout va bien depuis, pourvu que cela dure!!!

    • Bertrand sur 11 février 2020 à 13 h 18 min

    Tout à fait d’accord avec l’attitude de Cathy qui était la nôtre depuis longtemps…et que nous ne remettions pas en cause puis qu’hélas elle a permis des dépistages précoces de tumeurs imprévisibles et avant 50 ans…

  1. Comme d’hab c’est la confrontation de la médecine de terrain et son colloque singulier et de la médecine de santé publique visant à protéger le plus grand nombre sans exploser le budget…. Mais aussi, sans aller jusqu’à évoquer le sang contaminé, on peut être sûr qu’il y a une part de lobbiisme derrière (labo d’immuno, lecteurs automatisés cytologiques, fabricants de kits d’autodepistage, fabricants de materiel d’imagerie et de biopsie, groupes de professionnels voulant accaparer le dépistage(radiologues, sages femmes, gynecos et par les temps qui courent pourquoi pas pharmaciens ?
    Ne soyons pas dupes l’intérêt du patient en tant qu’individualite n’est plus le pivot du débat depuis bien longtemps

  2. Lu intéressant

    • KALI sur 13 février 2020 à 12 h 52 min

    Et oui, cela fait des années que les professionnels du seins s’accordent (pour la plupart et en tout cas dans le 34) à dire l’intérêt du dépistage dès 40 ans.
    Il faut rappeler que l’intérêt du bilan sénologique est de dépister le cancer à un stade infra-clinique! Ce qui est une réelle augmentation de chance pour les patientes. Et j’en parle en connaissance de cause comme Jocelyne, du vécu de l’intérieur et de l’extérieur, puisque médecin sénologue faisant du dépistage depuis 1998.
    J’ai souvent été atterrée par la réaction de certains confrères alors que toutes les semaines nous diagnostiquons un cancer chez des femmes de moins de 50 ans.
    Concernant la mastodynie, elle n’est pas un facteur de risque mais de surveillance au moins clinique, voire échographique.
    Concernant la classification ACR, elle est internationale et indispensable pour un bon suivi!
    Bref, il va sans dire que la bonne santé des patientes me passionne….

    • houis sur 13 février 2020 à 19 h 17 min

    LU

    • MARIE-HÉLÈNE VAN DEN BROUCKE sur 14 février 2020 à 12 h 09 min

    Lu. Article utile pour conseiller la génération qui me suit, ma sœur ayant faut un cancer du sein à 54 ans en 2014 et moi à 50,5 ans en 2007. Personnellement j’avais fait une mammo vers 45 ou 46 ans mais attendais le dépistage gratuit des 50 ans pour la 2de quand la clinique a révélé l’anomalie. Avec la nouvelle classification je l’aurai faite chaque 2 ans. Nous avons obtenu que notre FRÈRE fasse une mammographie à 60 ans début 2018. QUE PRÉVOIENT POUR LES HOMMES LES NOUVELLES RECOMMANDATIONS ? Merci.

    1. Bonjour Marie-Hélène il s’agit ici de dépistage de masse. Ce que tu évoques n’entre pas dans ce cadre. Il serait opportun que ta sœur Ou toi bénéficiez d’une consultation d’oncogenetique pour décider de l’opportunité d’une recherche des gènes spécifiques. Pour ce qui est du cancer du sein chez l’homme, sa rareté l’exclut du dépistage de masse

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