Pénurie médicale, triste record : 27,4 % des postes de praticien hospitalier temps plein vacants

Par Anne Bayle-Iniguez dans le quotidien du médecin 11/07/2018

Alors qu’Agnès Buzyn continue de pilonner les médecins intérimaires hospitaliers dans les médias, le Centre national de gestion (CNG) publie de nouveaux chiffres édifiants qui confirment la progression de la pénurie médicale dans les établissements publics…

Dans son rapport d’activité sur 2017, l’organisme de gestion des carrières médicales à l’hôpital recense exactement 49 846 praticiens hospitaliers (PH) en activité – dont 89 % à temps plein (44 305 PH) et 11 % à temps partiel (5 541 PH).
Au 1er janvier 2018, le taux de vacance statutaire des PH à temps plein atteint 27,4 %, un record depuis 2008. Ce pourcentage résulte d’une progression de 0,9 point entre 2017 et 2018, note le CNG.

Plus d’un poste sur trois est vacant dans sept régions sur 13 : la Normandie (34,9 % en 2018, +1,5 point), le Centre-Val-de-Loire (33,7 % en 2018, +1,6 point), la Bourgogne-Franche-Comté (32,8 % en 2018, +1,8 point) et les DOM-COM (à l’exception de La Réunion), avec des taux allant de 38,7 % en Guadeloupe à 77,8 % à Saint-Pierre-et-Miquelon. Les régions Ile-de-France (22,5 %, + 0,4 point) et PACA (20,1 %, +1,2 point) s’en sortent le mieux.

Quatre grandes disciplines (regroupant plusieurs spécialités) s’enfoncent dans le rouge : la radiologie/imagerie médicale (39,8 % en 2018, +1,3 point), la psychiatrie (28,7 %, +1,2 point), la médecine (28,6 %, +1,2 point) et la chirurgie (27,2 %, +0,2 point).

Dans le détail, la radiologie (42,2 %), l’ophtalmologie (39,8 %), la médecine du travail (39,2 %), l’oncologie médicale (37,6 %) et l’anesthésie-réanimation (37,2 %) sont les spécialités les plus en souffrance sur les postes à temps plein.

Recours aux contractuels
Concernant les postes à temps partiel, la situation est pire encore : presque un poste sur deux (47 %) n’est pas pourvu (+0,9 point par rapport à 2017). Comme l’année précédente, la Normandie est la région en France métropolitaine qui souffre le plus de la pénurie médicale, avec 64,6 % postes à temps partiel vacants.
Là encore, l’imagerie, la psychiatrie, la médecine mais aussi la pharmacie ont du mal à recruter. Au niveau des spécialités, la santé publique, la réanimation médicale, l’oncologie médicale et la gériatrie sont les plus mal loties.

Le CNG souligne que, derrière ses chiffres, se cache une autre réalité : en 2017, un tiers des postes de PH à titre permanent étaient provisoirement occupés par des praticiens contractuels. Un sujet qui devrait ressortir alors que le gouvernement défend un recours accru aux contractuels dans le cadre de la réforme de la fonction publique, qui doit être présentée d’ici à la fin de l’année.

3 Commentaires

    • farnos sur 13 juillet 2018 à 10 h 07 min

    aucune responsabilité des politiques n’est avancée….Qui ont été les A…..qui ont décider du chiffre du numerus clausus?….Et dans les postes de PH combien sont remplis par des médecins à diplôme étrangers? Alors que certains français doivent aller faire leurs études à l’étranger pour être médecin…On marche sur la tête

    • houis sur 13 juillet 2018 à 17 h 58 min

    en disponibilité pour 2 ans encore je ne suis pas certain de vouloir à nouveau officier à l’hosto

    • Dominique Herbecq sur 27 juillet 2018 à 0 h 04 min

    Il est pour les jeunes qui aiment leurs libertés plus attrayant de faire des gardes hospitalières ou des remplaçements de PH ou le salaire est plus important que celui du titulaire …..ce qui n’est pas normal

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