Sexe, Raoult et complot… Qui se cachent derrière les anti-masques ?

Selon la fondation Jean-Jaurès qui vient de publier une vaste étude, les femmes âgées d’une cinquantaine d’années, majoritairement CSP+, à droite de l’échiquier politique et ayant une bonne image du Pr Didier Raoult représentent la sociologie type des anti-masques en France.  

20.000 personnes à Berlin, plusieurs milliers à Londres et des centaines à Paris… Depuis des semaines, les corona-sceptiques et les anti-masques se mobilisent face à l’obligation du port du masque pour lutter contre la propagation du Covid-19. Estimant la mesure liberticide…

et jugeant le Covid de canular et la situation de dictature sanitaire, ils sont de plus en plus nombreux à s’élever contre la mesure et à se faire entendre. Sur les réseaux sociaux, Facebook notamment, des groupes se créent régulièrement pour revendiquer leur refus.  

La fondation Jean-Jaurès s’est intéressée, dans une étude*, à leurs profils pour comprendre qui étaient, en France, les anti-masques. Selon leurs résultats, les femmes sont surreprésentées à près de 63%. Leur âge est également relativement élevé : 50 ans en moyenne. Pour compléter ce tableau, la fondation Jean-Jaurès relève que leur niveau d’éducation est assez important puisque les anti-masques disposent d’au moins un bac+2 et que les catégories sociales supérieures sont aussi surreprésentées : les cadres et professions intellectuelles supérieures représentent par exemple 36% d’entre eux, alors que leur poids n’est que de 18% dans l’ensemble de la population française. A l’inverse, les ouvriers ne représentent que 7% des répondants se considérant anti-masques.

Parmi les raisons et motifs avancés contre le port du masque, le premier argument pointe son inutilité. Le masque ne serait pas en mesure de protéger efficacement contre le virus. Argument d’ailleurs largement repris par l’un des leaders des gilets jaunes, Maxime Nicolle, qui faisait valoir dans un message posté sur Facebook que si de la fumée de cigarette pouvait passer à travers le masque, il en était forcément de même pour le virus. De son côté, Jean-Marie Bigard s’est également fait écho de cette théorie, arguant dans une vidéo que si l’odeur d’une flatulence “traverse les fesses, traverse le jean et t’emboucanes cinq-six personnes”, c’est donc que le virus peut passer à travers un masque. Deuxième argument, le masque serait dangereux et ne permettrait pas une oxygénation suffisante. Troisième et quatrième arguments : l’épidémie serait terminée ou n’aurait pas existée et le masque serait un outil d’asservissement de la population.  

Manque de confiance dans les institutions  

Un point commun rassemble les anti-masques français : le manque de confiance dans la parole institutionnelle. Un phénomène de fond, alimenté par les nombreux revirements du Gouvernement pendant le confinement qui avait, dans un premier temps, déconseillé le port du masque avant de le rendre obligatoire.  

Plus globalement, le taux de confiance chez les personnes interrogées dans l’institution présidentielle est de 6%, celui dans les partis politiques de 2%, et les institutions non-politiques telles que les syndicats recueillent à peine 10% de confiance. Enfin, marqueur étonnant, les hôpitaux qui recueillent 87% de confiance dans l’ensemble de la population, n’atteignent que 53% chez les anti-masques.  

Cette défiance politique se traduit par une abstention (18%) lors de la dernière élection présidentielle ou par une vote blanc ou nul (14%). Pour ceux qui se sont exprimés, les candidats qui ont récolté le plus de votes sont Jean-Luc Mélenchon (20%) et Marine Le Pen (27%). La fondation Jean-Jaurès fait d’ailleurs la distinction entre les personnes partageant des valeurs et ceux se mobilisant pour défendre ces valeurs.  

Plus la défiance envers les institutions est grande et plus l’adhésion aux thèses complotistes est facilitée, note également  la fondation Jean-Jaurès. Par exemple, 90% des personnes interrogées sont d’accord pour dire que le ministère de la Santé est de mèche avec l’industrie pharmaceutique pour cacher la nocivité des vaccins, 57% croient en un complot sioniste à l’échelle mondiale, 52% pendant que l’accident au cours duquel Lady Diana a perdu la vie est en fait un assassinat maquillé. 

Soutien à Didier Raoult 

Enfin, il existe une indéniable proximité entre les individus se manifestant anti-masques et ceux ayant exprimé leur soutien au Pr Didier Raoult ainsi qu’à son traitement hydroxychloroquine + azithromycine. 87%d’entre eux  expriment par exemple une opinion favorable envers l’infectiologue marseillais. Et la quasi-totalité (98%) est d’accord avec l’idée selon laquelle chacun devrait être libre de se traiter avec de l’hydroxychloroquine.  

Par ailleurs, sur l’échelle politique classique, 36% se disent de gauche et 46% de droite. Plus précisément, chez les soutiens du Pr Raoult, 34% se disent de gauche et 42% de droite.

Et si la forte défiance est caractéristique des anti-masques, le niveau de confiance dans les médias n’est pas épargné. Seulement 14% des personnes interrogées disent avoir confiance dans les informations présentes dans les journaux papiers, et 2% dans celles présentes à la télévision. En revanche, ils sont 60% à avoir confiance dans les sites internes et blogs et 51% dans les réseaux sociaux.

Voici donc un résumé réalisé par la fondation Jean-Jaurès en une infographie :

*Questionnaire diffusé du 10 au 19 août 2020 sur un groupe Facebook s’opposant au port du masque. Plus de 1000 individus y ont participé. 

 Par Marion Jort le 08-09-2020 in Egora. fr

2 Commentaires

  1. la connerie humaine est eternelle et sans limite…

    • Bebel sur 8 septembre 2020 à 16 h 42 min

    On a un pic de covid parce qu’on multiplie les tests, mais si demain on fait des testes de QI on aura un pic d’abrutis !

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